C’est avec beaucoup d’émotion, mais surtout de la passion et de la détermination que je sollicite à nouveau la confiance du Congrès de la CSQ afin d’occuper la fonction de président de la Centrale pour le prochain triennat. Cette décision, je l’ai prise après mûre réflexion et en sachant que je pouvais compter sur l’appui indéfectible de mon syndicat d’origine, en l’occurrence le Syndicat de l’enseignement de Champlain.
Le triennat qui s’achève n’aura pas été facile et aura secoué passablement notre organisation syndicale, comme toutes les autres d’ailleurs, mais il nous impose de revoir nos stratégies et de renouer avec l’offensive. C’est en croyant profondément en l’action syndicale, comme vecteur de justice sociale, que j’ai envie de continuer à transformer notre organisation en véritable mouvement qui s’opposera au néolibéralisme et qui œuvrera à une juste répartition de la richesse.
C’est précisément cette société égalitaire, fondée sur des valeurs de solidarité, de démocratie, de paix et d’écologie, qui continuera d’être au cœur de nos délibérations du prochain Congrès, mais plus sous l’angle des stratégies pour y arriver. Un syndicalisme inclusif, un syndicalisme d’impact et un syndicalisme solidaire, dotés de moyens adéquats, sont plus que des concepts vaporeux. Ils constituent le cœur d’une mobilisation générale et d’une action terrain comme il ne s’en est pas vu depuis quelques années. Une meilleure prise en compte des préoccupations des membres, un meilleur enracinement de nos orientations en éducation et en santé, une intégration plus adéquate de nos réseaux de militantes et de militants à notre action, une syndicalisation accrue, la création d’une nouvelle force syndicale, un véritable front commun ou un nouveau rapport avec l’action politique sont autant de voies engageantes qu’il nous faut construire.
Ce sont des défis intéressants qui se posent à la Centrale et que j’ai envie de relever avec une équipe dynamique, car il en va de l’avenir de notre mouvement. L’expérience du premier mandat me permet d’espérer dans un engagement plus ferme de toutes nos forces vives à redonner à l’action syndicale toutes ses lettres de noblesse. Mes différentes tournées, ponctuées de rencontres avec les membres dans leur établissement, me permettent de croire en notre capacité de redonner le goût de la militance à un plus grand nombre et qu’à leur tour, ils deviennent les porteuses et les porteurs de toutes ces améliorations qui sont souhaitables, dans nos conditions d’exercice comme dans les conditions de vie de la population en général. C’est notre seule façon de pouvoir déjouer la concentration et la convergence des médias et ainsi de contribuer à l’émergence d’un monde différent où le gouvernement est celui de tous les citoyens et citoyennes.
En militant pour une véritable justice sociale, nous agirons sur les services publics disponibles à la population. En valorisant les services publics, nous agirons sur la qualité des moyens dont nous devons disposer pour les rendre. La fin d’une société à deux vitesses, comme c’est le cas pour l’école et la santé et de plus en plus pour bien d’autres secteurs d’activité gouvernementale, sera annonciatrice de meilleures conditions d’exercice pour tous les membres que nous représentons. L’épuisement professionnel, la désertion professionnelle, l’appauvrissement graduel et bien d’autres maux découlant d’une tâche impossible s’estomperont parce que la société aura renoué avec les services publics, soit le meilleur de ce que nous sommes. La tâche qui s’annonce est colossale, mais, collectivement, nous le construirons ce monde différent.
Réjean Parent
Président de la CSQ